Le phénomène de la production automatisée d’informations, caractérisé par un processus de transformation de données structurées en textes en langage naturel ou en toute autre forme de représentation visuelle, interroge la manière dont il se développe dans le monde du journalisme. S’il peut être envisagé comme un produit fini qui sera délivré aux audiences sans médiation journalistique, cette recherche s’est intéressée à son autre versant : celui d’un appui aux pratiques journalistiques. Souvent désigné par la métaphore du « robot journaliste », ce phénomène nourrit des représentations duales qui reflètent ses enjeux : tantôt abordé en termes de menace sur l’emploi, voire sur l’identité professionnelle des journalistes ; tantôt perçu comme une opportunité, dans une vision enchantée d’un journalisme en réinvention. Considérant que l’on ne peut faire usage d’une technologie sans se la représenter, de quelle manière les représentations sociales et les pratiques culturelles des journalistes vont-elles participer à la structuration des usages d’artefacts de la production automatisée d’informations lorsque ceux-ci sont envisagés en tant qu’outils du journalisme ? Cette question de recherche a été abordée sous l’angle de deux hypothèses : celle de l’impact de la métaphore du « robot » quant à des résistances contre l’intégration de l’objet dans les routines professionnelles, et celle de l’adéquation des productions matérielles de l’artefact avec les savoir-faire et exigences journalistiques. Cette recherche s’est déployée dans le cadre d’une étude empirique menée dans deux rédactions en Belgique francophone, lesquelles se distinguent tant par leur culture professionnelle que par leur structure organisationnelle. Dans ces deux expériences, il s’agissait de suivre le processus d’une construction sociotechnique qui a activement impliqué les journalistes dans la conception des technologies d’automatisation. Bien que cette première forme d’usage ne garantisse pas des usages finaux, elle a posé les premiers jalons d’usages d’adoption.

Laurence Dierickx est docteure en Science de l’Information et de la Communication (ULB), collaboratrice scientifique du ReSIC et membre du Laboratoire des Identités et Pratiques Journalistiques (LaPIJ). Sa recherche porte sur les développements de l’automatisation dans les médias d’information, dans une approche orientiée processus et en croisant des méthodes issues des SIC et des STIC. Elle est également consultante indépendante en information numérique (avec un passé professionnel d’une vingtaine d’années en journalisme et en développement). Pascaline Merten, membre de Tradital, était la présidente de son jury de thèse, soutenue fin avril 2020 et co-dirigée par David Domingo et Seth van Hooland.

Le séminaire aura lieu le 04/02 à 12h00 par vidéoconférence sur Teams – Inscription obligatoire par e-mail : Tradital@ulb.be

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A propos du système GPT-3

Les ressources bibliographiques de la thèse de Laurence DIERICKX

La liste des publications de Laurence Dierickx