par Marie-Christine Pollet (ULB)

L’écrit scientifique, en tant qu’écrit de recherche pratiqué dans le milieu académique, est souvent appréhendé sous des angles philosophique, sociologique, anthropologique,  linguistique, mais plus rarement comme objet d’un apprentissage continu et contextualisé.

C’est précisément cette dimension que cette conférence tentera d’explorer, en s’inscrivant dans le champ des littéracies universitaires qui interrogent les pratiques de l’écrit à l’université dans leur transversalité mais aussi dans leurs spécificités (disciplinaires, institutionnelles voire géographiques).

Un focus théorique sur le concept même de littéracies universitaires sera tout d’abord proposé, pour envisager ensuite les apports de celles-ci à un projet de formation des étudiants à l’écriture scientifique dans leur discipline.

À côté de la nécessaire contextualisation, sera aussi défendu le principe d’une formation précoce et continue : dans un premier temps centrée sur les représentations, sur la découverte des contextes et des enjeux éditoriaux ainsi que sur la compréhension des caractéristiques discursives, linguistiques et textuelles des écrits de recherche ; ensuite orientée vers des questions plus précises d’écriture, par l’exercice de conduites discursives caractéristiques de l’écrit scientifique (par exemple : construire et problématiser un objet de recherche, s’inscrire dans un continuum de savoirs, se positionner…).

Toutefois, pour transversales qu’elles puissent paraître, ces pratiques seront ici envisagées et exemplifiées dans quelques-unes de leurs variations disciplinaires.

Cette intervention s’appuiera donc sur un socle théorique permettant de plaider pour une acculturation progressive et contextualisée des étudiants à l’écrit scientifique, et proposera également des pistes didactiques très concrètes, à adapter, bien entendu, en fonction des cultures et pratiques disciplinaires.